En 1999, Danielle Crittenden publiait un livre intitulé What Our Mothers Didn't Tell Us. Selon sa thèse, la libération de la femme a apporté des conséquences désastreuses comme la solitude de la célibataire moderne (exploitée à la télé dans Sex and The City et au cinéma dans Bridget Jones's Diary). Les femmes ne sont pas plus heureuses ni plus libres grâce au féminisme, prône Crittenden.
Je ne sais pas si les femmes sont plus heureuses. J'aurais toutefois tendance à penser que si nous ne le sommes pas ce n'est pas une conséquence de notre libération, il faut chercher ailleurs...
Et vous, croyez vous que si la libération de la femme n'avait pas eu lieu, vous seriez aussi heureuses aujourd'hui ? Seriez-vous plus heureuses ?
Martine
http://www.amnestyinternational.be/doc/article6438.html
Marianne
Je viens tout juste de terminer la lecture du livre Un Heureux Événement d'Éliette Abécassis. Voici un extrait qui m'a fait réfléchir :
Le bébé est une invention de la modernité, il a surgi avec les couches et le savon spécial bébé. Il est devenu force économique en même temps que force psychologique. Une femme peut tout à fait s'accomplir sans avoir d'enfant: l'instinct maternel est un mythe moderne.
Pour ma part, je crois que l'instinct maternel est l'une des pires inventions qui soit. Créée dans le but de faire sentir mal toute femme qui ne ressentira pas cette béatitude et ce bien-être auprès des bébés. C'est probablement l'oeuvre de l'église qui souhaitait que les femmes n'essaient pas d'empêcher la famille. Je trouve dangereux de faire croire aux femmes qu'avec la naissance de leur enfant, ça viendra tout seul, l'instinct maternel. Comme elles doivent se sentir seules et désemparées ces femmes qui ressentent une inadéquation face à leur rôle de mère, dicté par des fausses croyances. En plus, même aujoud'hui dans notre société libérée, c'est très mal vu de ne pas être portée sur le calinage de bébés.
Et vous, blogueurs et blogueuses aguerris, qu'en pensez-vous ? L'instinct maternel existe-t-il ?
Martine
Avez-vous vu la pub de Canadian Tire avec le chien-qui-ressemble-à-une-vadrouille-qui-parle ? Dans cette pub, conçue spécialement pour Noel, ledit cabot renifle les paquets cadeaux et vante l'ingéniosité de maman qui a su, encore une fois cette année, trouver ce qui ferait plaisir à tous les membres de la famille. Est-ce une surprise si je vous dis que la famille est composée de la maman, du papa, d'un petit garçon et d'une petite fille?
Plus tard, on voit les enfants déballer leurs cadeaux, et, évidemment ils sont ravis, tout comme le mari. Ma question est la suivante : Pourquoi on nous montre que c'est la femme qui s'est occupé de toutes les emplettes de Noel ? Il y a des hommes qui affrontent aussi les bourrasques hivernales pour aller acheter un cadeau aux rejetons. Non seulement cette pub vise uniquement la femme, mais je considère aussi qu'elle laisse l'homme en retrait, le confinant du même coup dans un rôle passif. Je m'énerve peut-être pour rien, mais je trouvais que les pubs s'amélioraient ces dernières années et celle-là m'a vraiment marqué.
Alors, ouvrez l'oeil et dites-moi ce que vous en pensez !
Martine
Je viens tout juste de tomber par hasard sur un article dont j'ai trouvé le contenu très discutable. En fait, il s'agit d'un livre de Laura Doyle, une américaine qui prône le retour des femmes à un rôle plus traditionnel. En gros, elle dit que nous sommes allées trop loin dans notre émancipation et que c'est pour cette raison que les hommes se sentent mal à l'aise à nos côtés. Son livre s'intitule Femmes soumises ou comment garder son mari en lui disant toujours oui. Elle insiste sur le fait qu'on règle pratiquement tous nos problèmes de couple en ne s'opposant pas à notre conjoint et qu'une paix intérieure emplit ensuite la femme. Non mais...De toute manière en connaissez-vous beaucoup des hommes qui souhaitent partager leur vie avec une Stepford wife ?
Martine
Si un parti n'est pas prêt à avoir une femme en tant que chef. Le Québec l'est sûrement bien moins. De toute façon, il n'y aura, probablement, pas de femmes qui se présenteront aux prochaines élections. À moins, que Françoise David soit à la tête de l'union entre Option citoyenne et l'UFP. Sait-on jamais!
Marianne

Maureen Dowd, chroniqueuse au New York Times, a récemment fait remarquer que les femmes journalistes qui écrivent dans les pages éditoriales sont beaucoup moins nombreuses que les hommes. C’est du moins une réalité aux Etats-Unis. Cela s’explique, selon elle, par le fait que les femmes souhaitent être aimées par les lecteurs et pour y arriver elles se soucient de faire le moins de vagues possible. Elles auraient un souci de ne pas trop choquer. Les patrons des journaux américains abondent en ce sens : ils soutiennent avoir de la difficulté à trouver des femmes journalistes qui ont envie de relever le défi de la formule éditoriale. Eux aussi croient que les femmes tentent de se soustraire aux débats. Dowd croit que les femmes agissent ainsi parce que celles qui osent exprimer leurs opinions sont considérées comme des menaces, des femmes castratrices.
Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que ce souci de plaire est réellement l’apanage des femmes journalistes? Pensez-vous qu’au Québec on a le même problème? Lectrices et apprenties journalistes, seriez-vous à l’aise avec la formule éditoriale ?
Martine
